A la mort d’Elisabeth I, la Grande-Bretagne est le pays le plus riche d’Europe, en partie grâce à son rôle dominant dans le commerce du tabac. L’occasion pour le roi Jacques 1er de publier un des premiers pamphlets polémiques contre le tabac.

Mais, sa désapprobation ne l’empêche pas d’augmenter les taxes sur le tabac jusqu’à 40 fois le montant prélevé par la reine Elisabeth. La consommation de tabac ne cesse pourtant de croître car la croyance se répand qu’il aide à se protéger de la peste.

En 1606, le roi Philippe III d’Espagne décrète qu’on ne peut cultiver le tabac que dans les colonies espagnoles. Les étrangers qui en cultiveront seront punis de mort.

Jacques 1er roi d’Angleterre accorde, en 1614, à deux commerçants le droit exclusif d’importer du tabac. Puis en 1619, il en interdit la culture en Grande-Bretagne, décrète que son commerce est un monopole royal et que tout le tabac doit transiter par le port de Londres. La contrebande augmente entraînant des pertes de recettes fiscales considérables et obligeant le gouvernement britannique à augmenter le nombre de ports autorisés à réceptionner du tabac. Déjà…

Au début de ce même siècle, le Pape Urbain VIII interdit de priser, acte qui, selon lui, amène à une sensation trop proche de l’extase.

En France en 1629, le cardinal de Richelieu conseille au roi Louis XIII d’instaurer une taxe sur le tabac importé. Il crée une Ferme des tabacs pour gérer les ventes. Puis, Colbert étend le monopole à la fabrication, et réglemente la culture par une ordonnance. Au cours de la révolution, l’Assemblée Nationale abolit le monopole, que Napoléon 1er rétablit bien vite pour la culture, la fabrication et la vente. Il en confie la gestion à une Régie d’Etat, ancêtre de la Seita. Plus tard, Napoléon III déclarera : « Ce vice rapporte cent millions de francs de taxes chaque année. Je l’interdirais immédiatement si l’on m’indiquait une vertu qui en rapporte autant ». Les monopoles de tabac se révèlent si lucratifs qu’ils persisteront dans nombre de pays d’Europe jusqu’en plein 20ème siècle.

Louis XIV

Louis XIV

En 1699, le médecin de Louis XIV, Fagon, exprime une opinion très contemporaine : « En ouvrant sa tabatière, ne savait-il pas qu’il ouvrait une boîte de Pandore dont surgiraient mille maux, les uns pires que les autres ? ». On dit que le roi Louis XIV détestait le tabac, mais ne l’a pas interdit, car il lui aurait fallu renoncer à tout l’argent que rapportait son monopole.


Page mise à jour le 01/02/2011 16:55:57 GMT